Interdiction de gérer en Belgique

Avant de créer ou reprendre une société, il faut vérifier si la personne a légalement le droit de gérer

Une interdiction de gérer peut empêcher une personne d’exercer une fonction d’administrateur, de gérant, de liquidateur ou toute fonction permettant d’engager une entreprise. Cette vérification est devenue essentielle avant toute constitution, reprise ou modification de société.

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Condition préalableAvant BCE, TVA et banque
Décision judiciaireTribunal compétent
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JustBanRegistre central
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BCEContrôle renforcé
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Prête-nomRisque majeur

1Qu’est-ce qu’une interdiction de gérer ?

L’interdiction de gérer est une mesure qui empêche une personne d’exercer certaines fonctions de direction, de gestion ou d’administration dans une entreprise. Elle peut concerner une personne physique, un dirigeant de société, un administrateur, un gérant, un liquidateur ou une personne qui exerce en réalité une fonction de direction.

Elle vise notamment à éviter qu’une personne ayant commis des fautes graves ou ayant été condamnée dans certaines circonstances puisse recommencer immédiatement une activité économique en exposant les tiers, les créanciers, l’administration ou les partenaires commerciaux.

Point essentiel : si la personne est interdite de gérer, la création de société, la nomination comme dirigeant ou l’inscription dans certaines fonctions peut être bloquée.

2Pourquoi cette vérification doit intervenir en premier ?

Avant de parler de statuts, de TVA, de compte bancaire, de registre UBO ou de codes NACE, il faut vérifier si la personne concernée peut légalement gérer ou administrer une entreprise.

Une interdiction de gérer peut rendre inutile toute la suite du dossier. Si la personne ne peut pas être nommée, le projet doit être adapté avant l’introduction des formalités.

1
Vérifier la personne
2
Contrôler la fonction envisagée
3
Analyser le projet
4
Préparer les statuts
5
Inscrire à la BCE
6
Activer TVA, UBO, banque

3Qui peut être concerné ?

L’interdiction de gérer peut concerner différentes fonctions, selon la décision ou la base légale applicable.

  • Administrateur de SRL, SA, ASBL ou autre personne morale
  • Gérant ou co-gérant d’une société
  • Délégué à la gestion journalière
  • Liquidateur
  • Mandataire ayant le pouvoir d’engager l’entreprise
  • Entrepreneur personne physique
  • Dirigeant de fait
  • Personne qui agit via un prête-nom
  • Administrateur étranger exerçant en Belgique
  • Associé qui exerce réellement la gestion

4Comment les contrôles se font en pratique ?

Depuis la mise en place du Registre central des interdictions de gérer, appelé JustBan, les contrôles sont devenus plus structurés. Le registre permet de vérifier si une personne est frappée par une interdiction de gérer prononcée par un tribunal.

En pratique, les vérifications peuvent intervenir lors d’une constitution, d’une nomination, d’une modification de société, d’une inscription à la BCE ou lors d’un contrôle ultérieur.

Acteur Moment du contrôle Conséquence possible
Notaire Constitution, modification des statuts, nomination de dirigeants Suspension ou refus de poursuivre l’acte si une difficulté apparaît
Guichet d’entreprise / BCE Inscription, modification ou ajout d’une fonction Blocage ou demande d’informations complémentaires
Tribunal de l’entreprise Faillite, procédure d’insolvabilité, action en responsabilité Prononcé d’une interdiction ou contrôle de son respect
Administrations TVA, fiscalité, ONSS, contrôles postérieurs Vérification de la réalité de la gestion et des personnes responsables
À retenir : une personne peut être bloquée même si elle pensait pouvoir recommencer une activité. La vérification doit être faite avant la signature des statuts ou l’introduction des formalités.

5Les principales causes d’interdiction

Les causes exactes dépendent du texte légal applicable et de la décision prononcée. Elles peuvent notamment être liées à des fautes graves de gestion, à une faillite, à une condamnation pénale, à des infractions économiques, fiscales ou sociales, ou à des comportements ayant porté atteinte aux créanciers ou aux tiers.

Faillite et faute graveFautes de gestion ayant contribué à une faillite ou comportement gravement fautif.
BanquerouteInfractions liées à l’état de faillite ou manœuvres frauduleuses.
Fraude fiscale ou socialeComportements graves liés aux obligations fiscales, TVA, ONSS ou sociales.
Condamnation pénaleCertaines condamnations peuvent entraîner des incapacités ou interdictions.
Gestion de faitDiriger en réalité une entreprise sans apparaître officiellement.
Interposition de personneUtiliser un tiers comme façade pour continuer à gérer malgré une interdiction.

6Prête-nom et gestion de fait : le risque majeur

Une interdiction de gérer ne peut pas être contournée en plaçant officiellement une autre personne comme administrateur ou gérant si la personne interdite continue à diriger réellement l’activité.

Les tribunaux et administrations peuvent examiner la réalité des faits : qui négocie avec les clients, qui donne les instructions, qui signe les contrats, qui utilise les comptes bancaires, qui décide des achats, qui représente l’entreprise et qui prend les décisions importantes.

  • Mettre un conjoint, un enfant ou un ami comme dirigeant officiel alors qu’il ne gère rien
  • Utiliser les accès bancaires ou administratifs de la société malgré l’interdiction
  • Donner les ordres aux salariés, fournisseurs ou clients depuis l’arrière-plan
  • Continuer à engager l’entreprise sans mandat officiel

7Conséquences d’une interdiction de gérer

Les conséquences peuvent être très importantes. La personne concernée peut être empêchée d’exercer certaines fonctions et la société peut se retrouver bloquée dans ses formalités.

  • Impossibilité d’être nommé administrateur ou gérant
  • Refus ou blocage de certaines inscriptions à la BCE
  • Blocage d’une constitution ou d’une modification statutaire
  • Difficultés auprès de la banque, de la TVA ou des administrations
  • Risque de poursuites en cas de violation de l’interdiction
  • Responsabilité du dirigeant de fait
  • Remise en cause des actes posés
  • Atteinte à la crédibilité commerciale du projet

Erreurs fréquentes

  • Ne pas vérifier avant la constitution
  • Penser que la mesure est expirée sans preuve
  • Utiliser un prête-nom
  • Créer une société à l’étranger pour contourner l’interdiction
  • Signer officieusement les décisions

Ce que les tribunaux regardent

  • Qui décide réellement
  • Qui donne les instructions
  • Qui négocie avec les clients
  • Qui contrôle les comptes bancaires
  • Qui engage l’entreprise

Risques possibles

  • Blocage de la société
  • Poursuites judiciaires
  • Responsabilité personnelle
  • Nullité ou remise en cause d’actes
  • Perte de confiance des partenaires

Bonnes pratiques

  • Vérifier avant toute nomination
  • Documenter l’identité du dirigeant
  • Éviter toute gestion de fait
  • Ne pas utiliser de prête-nom
  • Adapter le projet si nécessaire