Règles en vigueur en Belgique • Mise à jour juillet 2026

Ouvrir et gérer un établissement Horeca en Belgique : le guide pratique

Restaurant, snack, friterie, café, foodtruck ou activité de livraison : ce guide présente les règles Horeca en vigueur et répond aux questions qui se posent réellement dans la cuisine, dans la salle, sur la terrasse et lors de l’engagement du personnel.

Votre entreprise est inscrite à la BCE ?

Cela ne signifie pas encore que votre restaurant peut ouvrir. Le local, l’AFSCA, la commune, la sécurité, les assurances et le personnel doivent aussi être en ordre.

1. Le local : vérifier avant de signer le bail

« Un restaurant était déjà installé ici. Puis-je rouvrir directement ? »

Pas automatiquement. Une ancienne exploitation ne garantit ni l’affectation actuelle du bien, ni la conformité des installations, ni la validité des anciennes autorisations.
  • Affectation urbanistique compatible
  • Bail autorisant précisément l’activité
  • Autorisation d’exploitation communale
  • Capacité maximale de la salle
  • Issues de secours et accès pompiers
  • Installation électrique conforme
  • Installation gaz contrôlée
  • Hotte, extraction et ventilation
  • Sanitaires et accessibilité
  • Autorisation pour l’enseigne
Erreur fréquente : reprendre le fonds de commerce et le matériel sans vérifier le bail, les dettes liées à la reprise, les autorisations ou la conformité du local.

2. Cuisine, frigos et températures

« À quelle température régler mon frigo ? »

Il n’existe pas une température unique pour tous les aliments. La limite dépend du produit. Les valeurs du fabricant et les tableaux AFSCA doivent être respectés.

SituationRepère pratiqueCe qu’il faut faire
Produits surgelés–18 °C ou moinsContrôler le congélateur et les produits à la réception.
Repas maintenus chaudsPlus de 60 °C à cœurMesurer avec un thermomètre adapté.
Viandes, poissons et préparationsValeur différente selon le produitUtiliser le tableau AFSCA et les indications du fabricant.

« Que dois-je contrôler tous les jours ? »

  • Températures des enceintes froides
  • Dates limites et produits ouverts
  • Séparation du cru et du prêt-à-servir
  • État des plans de travail
  • Propreté des appareils et ustensiles
  • Stockage hors du sol
  • Absence de nuisibles
  • Fonctionnement de la ventilation

« Mon frigo est tombé en panne pendant la nuit. Puis-je conserver les aliments ? »

Ne décidez pas à l’odeur ou à l’apparence. Relevez la température, identifiez les produits concernés, estimez la durée de rupture, isolez les denrées et appliquez la procédure d’autocontrôle. En cas de doute sur la sécurité, le produit ne doit pas être servi.

Les températures exactes dépendent des denrées. Le guide YouCall ne remplace pas les tableaux techniques de l’AFSCA.

3. Menus, recettes et allergènes

« Dois-je indiquer les allergènes ? »

Oui. Le client doit pouvoir obtenir une information exacte sur les allergènes présents dans chaque plat. Cette information doit suivre la recette réelle, y compris les sauces, garnitures et produits préparés par un fournisseur.

Les 14 catégories réglementées comprennent notamment les céréales contenant du gluten, les crustacés, les œufs, le poisson, les arachides, le soja, le lait, les fruits à coque, le céleri, la moutarde, le sésame, les sulfites, le lupin et les mollusques.

« Faut-il tout imprimer sur la carte ? »

L’information peut être organisée clairement sur le menu, au moyen de pictogrammes, dans un tableau ou dans un registre accessible. Le personnel doit savoir où trouver l’information et ne jamais répondre au hasard.

« Puis-je écrire “sans gluten” ? »

L’absence de farine dans la recette ne suffit pas. Il faut aussi maîtriser les contaminations croisées : plan de travail, friteuse, huile, pinces, couteaux, planches, stockage et mains du personnel.
Exemple : des frites cuites dans la même huile que des aliments panés ne peuvent pas être présentées automatiquement comme sans gluten.

« Je change de fournisseur de sauce. Dois-je revoir ma fiche ? »

Oui. Une référence apparemment identique peut contenir d’autres ingrédients. Chaque changement de produit, fournisseur ou recette impose de vérifier et mettre à jour la fiche allergènes.

4. Salle, accueil du public et terrasse

« Puis-je ajouter des tables dès qu’il fait beau ? »

Pas sur le domaine public sans autorisation. La commune peut imposer un plan, une largeur de passage, des horaires, un mobilier précis, une redevance et un renouvellement périodique.
  • Ne bloquez jamais une sortie de secours ou un accès technique.
  • Vérifiez la capacité autorisée et le passage entre les tables.
  • Contrôlez les règles locales relatives aux parasols, jardinières et chauffages.
  • Vérifiez que la vente d’alcool et l’assurance couvrent aussi la terrasse.
  • Affichez les prix et informations imposées de façon lisible.

« Puis-je diffuser Spotify, la radio ou la télévision ? »

L’utilisation de musique dans un établissement professionnel doit être régularisée. Il faut vérifier la licence adaptée auprès d’Unisono, y compris pour certaines animations ou soirées.

Un doute sur le local ou les autorisations ?

Un échange de 15 minutes permet d’identifier les vérifications prioritaires avant de signer, reprendre ou ouvrir.

Réserver mon diagnostic gratuit

5. AFSCA, hygiène et autocontrôle

« Mon activité figure à la BCE. Suis-je en ordre pour vendre des repas ? »

Non. La BCE et l’AFSCA sont deux démarches différentes. Selon l’activité, il faut un enregistrement, une autorisation ou un agrément AFSCA avant de commencer.

Le système d’autocontrôle doit notamment couvrir :

  • Réception des marchandises
  • Traçabilité des fournisseurs
  • Chaîne du froid et du chaud
  • Nettoyage et désinfection
  • Hygiène du personnel
  • Gestion des allergènes
  • Nuisibles et déchets
  • Actions en cas de non-conformité

« Que faut-il conserver comme preuves ? »

Les documents de réception, factures fournisseurs, relevés utiles, fiches de nettoyage, informations de traçabilité et mesures correctives doivent pouvoir être présentés lors d’un contrôle.

6. Personnel, étudiants et flexi-jobs

« Mon serveur commence ce soir. Puis-je faire la déclaration demain ? »

Non. La Dimona doit être correcte avant le début des prestations. Un essai, une soirée chargée ou l’aide d’une connaissance ne suppriment pas les obligations sociales.
  • Identification comme employeur ONSS
  • Secrétariat social
  • Dimona préalable
  • Contrat adapté
  • Règlement de travail
  • Assurance accidents du travail
  • Service de prévention
  • Barèmes de la CP 302

« Un flexi-job, c’est simplement quelques heures déclarées ? »

Non. Le travailleur doit remplir les conditions d’accès, les documents contractuels doivent être établis et la Dimona doit être introduite correctement. Depuis le 1er mars 2026, le minimum sectoriel mentionné par l’ONSS est de 11,87 € par heure, plus 0,91 € de flexi-pécule de vacances, soit 12,78 € au total. Vérifiez toujours les montants indexés au moment de l’engagement.

« Quelles sont mes obligations de sécurité envers le personnel ? »

L’employeur doit organiser l’analyse des risques et la prévention : brûlures, coupures, chutes, manutention, chaleur, incendie, produits de nettoyage, appareils, électricité et gaz. Des procédures de premiers secours et d’évacuation doivent être connues.

7. Alcool, musique et jeux de hasard

« Mon café peut-il vendre toutes les boissons dès son ouverture ? »

La vente de boissons fermentées ou spiritueuses doit être vérifiée auprès de la commune. Une autorisation, une patente et des conditions de moralité peuvent intervenir selon l’activité et le lieu.

« Puis-je installer un bingo ou une machine de jeu ? »

Une licence C est requise pour exploiter des jeux de hasard dans un café. Elle est valable cinq ans. Le titulaire peut installer au maximum deux bingos et deux appareils à mise atténuée. Le joueur doit avoir au moins 21 ans.

« Quels documents faut-il préparer pour la licence C ? »

DocumentExigenceAttention
Formulaire de demande de licence CComplété, daté et signé.Utiliser le formulaire de la Commission des jeux de hasard.
Extrait de casier judiciaire du gérant ou des administrateursExtrait récent du pays de résidence pour les dirigeants qui résident ou ont résidé hors de Belgique durant les cinq dernières années.L’extrait ne peut pas dater de plus de trois mois lors de la demande.
Extrait concernant la personne moraleÀ vérifier selon la forme du demandeur, la commune et les pièces complémentaires réclamées.La Commission peut demander des informations supplémentaires lorsque la transparence de la société n’est pas suffisamment établie.
Avis du bourgmestreOriginal signé et revêtu du cachet communal, attestant le respect des conditions légales d’exploitation.Il ne peut pas dater de plus de six mois. À défaut de réponse communale dans les deux mois, l’avis est réputé positif selon la procédure publiée.
Attestation fiscale fédéraleAttestation du SPF Finances confirmant que le demandeur s’est acquitté de ses dettes fiscales certaines et non contestées.Elle couvre la situation fiscale fédérale, dont les dettes TVA lorsqu’elles existent. Elle ne peut pas dater de plus de trois mois.
Attestation fiscale régionaleAttestation de l’administration fiscale de la région dans laquelle se trouve l’établissement.Elle confirme l’absence de dettes fiscales régionales certaines et non contestées et ne peut pas dater de plus de trois mois.
Contribution uniqueÀ payer dans le délai prévu.Le montant est fixé annuellement et la contribution couvre la durée de la licence.
À ne pas confondre : l’attestation fédérale de non-dette fiscale et l’attestation fiscale régionale sont deux documents différents. Une attestation TVA distincte n’est pas reprise comme pièce générale séparée dans la liste officielle de la licence C, mais la situation TVA fait partie des éléments fiscaux à mettre en ordre.

« Une soirée avec DJ change-t-elle mes obligations ? »

Elle peut modifier les autorisations, la licence musicale, la sécurité, les horaires, le voisinage, le personnel et l’assurance. Une activité occasionnelle doit être vérifiée avant son annonce au public.

8. Caisse, paiement électronique, comptes étrangers et livraison

« Quand la caisse blanche est-elle obligatoire ? »

Le système de caisse enregistreuse certifié est en principe obligatoire lorsque le chiffre d’affaires annuel hors TVA provenant des services de restauration dépasse 25 000 €, hors boissons. Le calcul et les obligations doivent être vérifiés pour chaque situation.

« Dois-je obligatoirement avoir un terminal comme SumUp ? »

L’établissement doit proposer au moins un moyen de paiement électronique. Il ne doit pas nécessairement s’agir d’un terminal SumUp. Le commerçant peut choisir un terminal de paiement, un code QR, un virement instantané ou une autre solution électronique adaptée.
Question quotidienneRègle pratiquePoint à vérifier
Le paiement électronique est-il obligatoire ?Oui, au moins une solution doit être proposée au consommateur.Afficher clairement les moyens acceptés à l’entrée ou à la caisse.
Faut-il obligatoirement SumUp ?Non. SumUp est une possibilité parmi d’autres.Comparer terminal, QR, Bancontact, portefeuille numérique ou virement instantané.
Puis-je imposer un minimum de 10 € ?Non, pas pour accepter le paiement électronique obligatoire.Ne pas refuser une petite transaction uniquement en raison de son montant.
Puis-je facturer les frais de carte au client ?Non, aucun supplément ne peut être ajouté pour un instrument de paiement concerné par l’interdiction.Intégrer le coût du prestataire dans le calcul général des prix.
Puis-je refuser les espèces ?En principe non lorsque le client et le commerçant sont physiquement présents, sauf exception légale.Organiser à la fois l’encaissement électronique et la gestion de caisse.

« Le virement Deliveroo est-il mon chiffre d’affaires ? »

Pas nécessairement. La plateforme peut encaisser la vente, retenir ses commissions, frais ou promotions et reverser un montant net. Les ventes brutes, la TVA, les commissions et le versement bancaire doivent être rapprochés correctement.
  • Vérifiez les commissions et la TVA sur les frais de plateforme.
  • Contrôlez les prix, promotions, annulations et remboursements.
  • Conservez les relevés et factures de la plateforme.
  • Respectez les températures et les allergènes pour les commandes livrées.
  • Vérifiez qui assume la livraison et les dommages éventuels.

« La plateforme ou le terminal m’a-t-il ouvert un compte à l’étranger ? »

Certains prestataires de paiement ou plateformes travaillent avec une institution financière située à l’étranger. Selon la solution choisie, un compte bancaire, un compte de paiement ou un portefeuille peut être ouvert au nom de l’entreprise, avec un IBAN ou une référence étrangère.

Attention : le simple fait qu’une plateforme étrangère verse l’argent sur le compte belge du restaurant ne signifie pas qu’un compte étranger a été ouvert. Il faut vérifier le contrat, le nom du titulaire, l’IBAN, le pays de l’établissement financier et la possibilité de conserver ou transférer un solde.
SituationCompte étranger ?Action
Deliveroo verse directement les recettes sur le compte bancaire belge du restaurant.Pas automatiquement.Conserver les relevés de ventes, commissions et versements.
Le prestataire ouvre un IBAN étranger au nom de la société.Probablement oui.Vérifier la déclaration au PCC, la comptabilité et les obligations fiscales.
Un portefeuille de paiement permet de conserver un solde et de payer ou recevoir des tiers.À analyser.Demander au prestataire la nature juridique exacte du produit.
Le compte technique appartient uniquement à la plateforme.En principe, pas au nom du restaurant.Vérifier que le commerçant n’en est ni titulaire ni cotitulaire.

Lorsqu’un véritable compte étranger est ouvert au nom de l’entreprise, il faut le signaler au comptable et vérifier sa communication au Point de contact central de la Banque nationale de Belgique. Le pays peut être la Grèce, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas ou tout autre pays selon le prestataire : ce n’est pas la marque commerciale qui détermine l’obligation, mais la nature du compte et son titulaire.

9. Foires, kermesses, marchés et événements temporaires

« Mon restaurant est autorisé. Puis-je tenir un stand à Seraing Plage ? »

Pas sans vérifier le dossier de l’événement. L’activité extérieure peut nécessiter un emplacement, une autorisation communale, une activité ambulante adaptée, une couverture AFSCA et des assurances particulières.
  • Accord de l’organisateur
  • Autorisation ou emplacement communal
  • AFSCA adaptée à l’activité
  • Froid, chaud et eau potable
  • Gaz et électricité temporaires
  • Extincteur et sécurité
  • Personnel déclaré
  • Déchets et huiles usagées
  • Musique et animation
  • Assurance hors établissement

10. Assurances : protéger le commerce, les clients et le personnel

« Quelles assurances sont réellement obligatoires ? »

L’assurance accidents du travail est obligatoire dès que l’entreprise emploie du personnel. La responsabilité objective incendie et explosion est également obligatoire pour les établissements concernés accessibles au public. La commune peut demander l’attestation.

« Mon assurance doit-elle couvrir un attentat ou un acte de terrorisme ? »

Oui pour plusieurs contrats concernés par l’activité Horeca. La législation belge impose la couverture des dommages causés par le terrorisme dans certaines assurances, notamment l’assurance accidents du travail, la responsabilité civile incendie et explosion des établissements habituellement accessibles au public et l’assurance incendie couvrant les risques simples.

Cette obligation provient du régime belge d’assurance contre les dommages causés par le terrorisme mis en place par la loi du 1er avril 2007. Elle ne dépend pas uniquement du fait que les clients consomment assis et elle n’a pas été créée après les attentats de Bruxelles de 2016.

ContratCouverture terrorismeVérification pratique
Accidents du travailObligatoirement comprise.Vérifier que tous les travailleurs et activités sont correctement déclarés.
RC objective incendie et explosion – lieu accessible au publicObligatoirement comprise.Demander l’attestation et vérifier que l’établissement, la capacité et l’activité sont exacts.
Assurance incendie « risques simples »Obligatoirement comprise.Contrôler que le bâtiment, le contenu, le matériel et les valeurs assurées correspondent à la réalité.
RC exploitation, pertes d’exploitation ou autres garantiesÀ vérifier dans les conditions du contrat.Une exclusion explicite peut exister pour les assurances qui ne sont pas soumises à la couverture obligatoire.
Point important : la présence du mot « terrorisme » dans une police ne signifie pas que toutes les conséquences financières sont couvertes. Il faut vérifier les dommages assurés, les plafonds, le contenu, la perte d’exploitation, les événements extérieurs et les exclusions.

« Que faut-il vérifier en plus ? »

  • RC exploitation
  • Incendie et dégâts des eaux
  • Matériel et contenu
  • Perte d’exploitation
  • Intoxication alimentaire
  • Vol et vandalisme
  • Protection juridique
  • Événements et vente ambulante
  • Transport et livraison
  • Terrasse et mobilier extérieur
À vérifier dans le contrat : l’activité exercée en dehors du local, la livraison, les événements et le matériel mobile ne sont pas nécessairement couverts automatiquement.

La vérification finale avant l’ouverture

  • Adresse et unité d’établissement exactes
  • Codes NACE conformes à l’activité
  • TVA activée et taux compris
  • Commune et incendie en ordre
  • AFSCA obtenue
  • Fiches allergènes prêtes
  • Températures et autocontrôle organisés
  • Personnel et assurances en ordre
  • Caisse et plateformes paramétrées
  • Terrasse et événements autorisés

Votre établissement peut-il réellement ouvrir ?

YouCall vérifie avec vous les points prioritaires du local, des autorisations, du personnel et du fonctionnement quotidien.

Réserver mon diagnostic gratuit de 15 minutes

Sources et vérifications officielles

État des informations : juillet 2026. Les règlements communaux, montants indexés et autorisations peuvent évoluer. Une vérification locale et actualisée reste nécessaire avant l’ouverture, l’engagement d’un travailleur ou l’organisation d’un événement.